Fiche technique :

Nationalité : franco-belgo-québécois

Genre : animation

Réalisateur : Sylvain Chomet

Scénariste : Sylvain Chomet

Musique : Benoît Charest, Matthieu Chedid

Sortie : 2003

Durée : 1h18

Version originale : français

Début :

Une mamie et son petit-fils regardent à la télévision un spectacle de variété qui montre trois chanteuses de jazz : les Triplettes de Belleville. Le petit garçon, dont les parents sont morts, est comme d'habitude morose. Pour le dérider, la mamie lui offre tout d'abord un chien puis un train électrique, mais sans succès. Elle découvre alors que l'enfant collectionne des coupures de presse de cyclisme et lui offre un vélo. C'est la révélation. La mamie va dès lors aider le gamin à devenir un champion de vélo.

Critique :

Ce film présente un fort contraste avec la production animée actuelle et nous renvoie à une époque où les français savaient faire d'excellents films d'animation, originaux et avec un véritable style.

Tout concourt à l'originalité des Triplettes. L'histoire est simple mais complètement loufoque et l'ambiance oscille constamment entre une mélancolie nostalgique et la drôlerie. Le scénario, qui pourra sembler un peu sans queue ni tête, alterne des scènes lentes voire contemplatives avec des passages enlevés et délirants (comme la chasse aux grenouilles ou les rêves du chien). Les personnages sont bien campés et cocasses, surtout les Triplettes. J'ai adoré la mamie et le chien. Il n'y a pratiquement pas de dialogues, hormis quelques phrases marmonnées et pratiquement indistinctes. Cette particularité est une des marques de fabrique du réalisateur. Cela participe à l'ambiance très particulière, un peu triste, assez poétique et rétro.

La musique entrainante joue un rôle très important dans les Triplettes, rythmant le film et servant de trait d'union entre les personnages.

Le graphisme, enfin, est très spécial. L'utilisation de l'animation traditionnelle, dans des teintes souvent ocre ou sépia, confère une très belle atmosphère au film. J'ai regretté la présence d'un cours passage qui intégrait des images de synthèse, cependant. Les décors sont hyper soignés et bourrés de détails mais les personnages, pleins de personnalité mais fortement caricaturaux, pourront rebuter par leur difformité.

L'ensemble est très amusant, avec pas mal de gags caustiques et des détails rigolos dans les décors.

Si vous avez aimé... vous aimerez :

Si comme moi, vous avez commencé par l'Illusionniste, vous devriez préférer les Triplettes, plus drôle, plus rythmé, plus enlevé. Le film se rapproche d'avantage des productions originales japonaises comme Bienvenue chez les Yamada que des grosses machines américaines sans âme sortie à la même époque, comme Numéro 9 ou Dragons.

Peut être vu par des enfants ?

Oui mais pas trop jeunes car le rythme lent les ennuiera et l'apparence de certains personnages pourrait leur faire peur.

Sexe/violence/humour :

Zéro sexe, pas vraiment de violence mais beaucoup d'humour.

En conclusion :

Les Triplettes de Belleville n'est pas un dessin animé de divertissement pour les enfants mais une ½uvre intelligente qui sort des sentiers battus et ne privilégie pas l'action à tous crins. Le film bénéficie d'un graphisme soigné et très stylé, quoique pas forcément beau en ce qui concerne les personnages. Il charme par son ambiance nostalgique et une caricature amusante de la France profonde et de l'Amérique obèse. Il est bourré de petites touches d'humour et de clins d'½il, notamment pendant la scène d'ouverture où l'on aperçoit Charles Trénet, Django Reinhardt, Joséphine Baker et Fred Astaire.

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